24/06/2005
Souvent rigolo, tantôt grave ou sarcastique, voici le panorama des 34 productions qui ont oublié d’être des jeux. Let's rock.
Prince of Persia Sands of Time, Forbidden Siren, Pikmin, Les Sims, Splinter Cell, Final Fantasy X, Heart of Darkness, Enter the Matrix, Eye Toy, Sword of Mana, Zelda Oracles, Alone in the Dark The New Nightmare, Super Smash Bros, Le Seigneur des Anneaux Le Tiers Age, Hard Drivin’, Val d’Isère Championship, Microcosm, Age of Empires, Myst, Manhunt, FarCry, Versailles : complot à la cour du Roi Soleil, Call of Duty, Brother in Arms, Dungeon Siege, Final Fantasy Crystal Chronicles, Start-Up, Taxi 2, E.T, Medal of Honor, James Bond JR, Mortal Kombat 2, Pit-Fighter, Conquest Earth
Age of Empires
Microsoft, 1997
Let’s talk about progress Encarta ne suffisait donc pas. Microsoft s’attaque à l’Histoire dans un RTS qui est une ode à la boucherie rayon viande humaine, à la grande machine du progrès ainsi qu’à l’aveuglement totalitaire. Production tout d’abord avec un taylorisme tyrannique à faire blémir Adam Smith, évolution ensuite qui chasse les particularismes locaux pour imposer le modèle occidental et enfin conquête militaire, quasi-génocide qui conduit à tout annihiler : les civils (Amnesty appréciera), la diversité du monde et donc un peu une part de nous-mêmes. Là encore, on veut nous enseigner des choses. Pour, Bruce Shelley, son chef de projet génial : "The people who get the technology fastest often have a decisive advantage. If you've got a Feudal Age army fighting an Imperial Age army, you're probably going to lose. It's a subliminal message, almost, about technology did advance quite a bit during this time period. On a basic level, we're teaching people about progress". Prière, reprenez vos PC, Windows et vos bugs mais laissez l’Histoire tranquille !

L'ONU est priée de ne pas s'interposer
Amis : Dragon Throne, Rise of Nations, Fukuyama, Empire Earth
Antis : Perimeter, Amnesty International, Jérôme Roudier, Jean-Pierre Le Goff, Charlie Chaplin, Z, Blitzkrieg, François Furet, Dune 2
Alone in the Dark The New Nightmare
Atari, 2001
Alone in the Rayons Au jeu des plantages les plus monumentaux de l’histoire, Darkworks a fait très, mais alors très fort avec New Nightmare. Dépoussiérer la licence Alone in the Dark rendue has been par Resident Evil et Silent Hill n’était pas une mauvaise idée en soi. Mais pour ce résultat là, on aurait amplement préféré un remake de l’épisode original. New Nightmare souffre du syndrome hollywoodien. Edward Carnby devient un grand brun ténébreux affublé de la bombasse de service, la progression suit une logique pour le moins… surprenante (ah, ces portes qui s’ouvrent toutes seules !) et le scénario perd le peu de motivés restants avant la fin avec ses références mystico-scientifiques démentes. Transformant toutes les bonnes idées de ses modèles en défauts, Darkworks ouvrait une voie royale au tâcheron Uwe Boll pour une adaptation que d’aucuns trouveront pourtant peu fidèle.

On a retrouvé un membre d'Alliage.
Amis : Resident Evil Survivor, House of the Dead, 13 fantômes…
Antis : Eternal Darkness, Haunting Ground, Frédérick Raynal…
Conquest Earth
Eidos, 1997
Intelligence offline Présenté dans la plaquette publicitaire comme le Tomb Raider du RTS, Conquest Earth est plutôt une tombe tout court que l’on serait bien inspiré d’exhumer plus souvent pour l’exemple. Le jeu d’Eidos se distingue par une interface des plus pittoresques : il faut ordonner à vos unités d’attaquer et de se défendre. On revient un peu à Dune 2 en quelque sorte à ceci près que pour simplifier l’exercice, l’interface se la joue transformiste et change en fonction des camps. Bien entendu, les unités n’ont aucune autonomie et ne se défendent pas en cas d’attaque. Enfin, quand bien même vous auriez donné les ordres qu’il faut (pas se tromper de bouton surtout !), nul n’assure que ces dernières vont réagir (ben oui sinon ce serait trop facile). Les développeurs (probablement des étudiants en première année de DUT informatique) se sont sans doute plusieurs fois plantés dans la programmation de l’IA, leur faute étant bien sûr d’avoir laissé l’ouvrage en l’état. Les Inrocks ont oublié une victime : Conquest Earth est à lui seul une véritable guerre contre l’intelligence. Et pas qu’artificielle.
Amis : Erreur. Cette commande n’est pas reconnue par le système
Antis : L’humanité
Dungeon Siege
Microsoft, 2002
Diablo version injouable Au début, cela semblait pourtant bien parti. Chris Taylor (Mr Total Annihilation) chez Microsoft (donc avec suffisamment de pécune à sa portée) voulant insuffler une nouvelle dynamique au hack’n slash. Il y est bien arrivé rassurez-vous mais pas tout à fait dans le bon sens. Ce n’est qu’après plusieurs heures de jeu qu’on saisit toute la supercherie de l’entreprise. Le bougre n’a pas fait que dénaturer le hack’n slash (un seul clic suffit pour combattre un ennemi), il a carrément réalisé le clone injouable de Diablo. Outre la mule (sorte d’inventaire ambulant) qu’il convient de trimballer de tableau en tableau, il faut assurer la direction d’une demi douzaine de gugus aux compétences variées (et pas toujours compatibles). Comme ce beau monde a du mal à se discipliner, les combats se transforment rapidement en bouillie graphique, nécessitant toutes les cinq secondes le recours à la touche "pause" (pour réapprovisionner les camarades en vie et magie) et "rotation de l’écran" (ben oui, le jeu a la bonne idée d’être en 3D). Pour couronner le tout, l’univers de Dungeon Siege possède la diversité esthétique du Seigneur des Anneaux mais sans la cohérence scénaristique qui va avec. Avis à Chris Taylor : comme j’ai entendu dire que tu revenais au genre qui t’a si bien réussi (la stratégie en temps réel), en t’auto-plagiant, évite au moins de massacrer les canons du genre.
Amis : Darkstone, tous les trucs injouables.
Antis : Diablo, Sacred, Guild Wars, Throne of Darkness, Baldur's Gate, tous les trucs jouables.
Enter the Matrix
Atari, 2003
Brun’ and Dave Excellent Adventure Aussi vénéré qu’un sumo au Japon pour ses Aladdin, Earthworm Jim et autre Messiah, David Perry se lance dans l’adaptation hyper attendue du film des frères Wachowski sous la houlette d’un Bruno Bonnell tout heureux de relancer par la même occasion la marque Atari, allant jusqu’à comparer la chose avec la sortie de Pong en 72. Suffisant pour occuper l’espace médiatique et exploser les scores de vente, Enter the Matrix laisse pourtant de sérieux doutes quant à la capacité de Perry à franchir le palier next-gen. Avec ses cinématiques indignes de figurer en bonus DVD, ses voitures aux roues carrées et son scénario aussi inintéressant qu’incohérent (même pour les fans de la trilogie), Enter the Matrix nous ramène davantage à l’époque d’E.T. qu’à celle de Pong. Evidemment, tout le monde tient le grand méchant Atari pour responsable. Au volant de sa douzième Ferrari, Perry jette des dollars dans le vent et doit bien se marrer.

Pardon, c’est quelle porte pour les MTV Awards ?
Amis : Superman 64, Tigre et Dragon, Johnny Mnemonic, la comptabilité d’Atari, Olivier Séguret, les annonces incroyables de Sega à l’E3…
Antis : GoldenEye 007, Dune, Zure, Dogstar…
E.T
Atari, 1982
Enemy Territory Voila un produit dérivé proche de la dérive totale. De mémoire d’homme, on n’aura jamais vu une chose aussi injouable. Imaginez le pauvre E.T galopant dans la forêt en évitant les gouffres, les méchants scientifiques et les agents du FBI qui le poursuivent, le tout dans la pagaille la plus complète. Le but : ramasser les composants du téléphone intergalactique de notre gentil compagnon pour les assembler. Vu tout le génie qu’il faut déployer pour mener à bien cette mission colossale à la difficulté extraterrestre (se taper un manuel encyclopédique pour comprendre), c’est sans regret qu’il restera démonté. E.T doesn’t go home.

Un certain goût pour l'abstraction
Amis : les vendeurs de papier et de carton, les imprimeries, les entreprises de moulage plastique, les fabricants de cartouches.
Antis : les joueurs, Steven Spielberg, le FBI, la communauté scientifique, ma patience.
Eye Toy
Sony, 2003
Enfin des émotions humaines dans un jeu Les gens de Sony sont des magiciens. Sortir dans les années 2000 une webcam en présentant cela comme un tout nouveau produit relève d’un sens du culot proprement inouï. En vendre des millions est un véritable exploit. Tout le monde se retrouve donc à gesticuler comme un blaireau devant sa télé pour jouer à des mini-jeux pour débiles mentaux. C’est d’ailleurs ce que dit le slogan, tout le monde y joue. Sauf les gamers.

Vous trouviez qu’il n’y avait que des conneries à la télé ? Et bien, ça ne va pas changer.
Amis : le Virtual Boy, les lecteurs CD-Rom, le 32X de Sega, les jeux freeware pour webcam PC…
Antis : N’importe quelle manette de jeu…
FarCry
Ubisoft, 2004
Gamers cry Gageons que dans une dizaine d’années, FarCry sera plus cité dans les Echos comme le ludiciel ayant relancé le marché des cartes graphiques que sur les sites de retro-gaming. En tout cas, les intégristes du benchmark l’ont bien compris, cette infâme démo technologique est réservée à eux seuls. Les joueurs, les vrais, les tatoués oublieront rapidement cet assemblage grotesque de photo-réalisme exotique pétage de cartes-mères (façon : eh les gars, ras-le-bol du cyberpunk, foutez-moi des couleurs !) de sons «blockbuster» en dolby surround et d’un scénario à faire rougir de honte Michael Bay (avec le héros vandammesque de rigueur). Reste le gameplay émergent qui s’avère un argument un peu court pour fendre l’armure de cette monstruosité technologique désincarnée. FarCry demeure un potentiel de jeu écrit, réalisé et programmé par un bot. Le ludiciel du futur en somme. Inutile d’ajouter qu’il pouvait patienter.

FPS : Frames Per Second
Amis : Nvidia, le Cac 40, Incoming, No Frag, Fantavision, Joystick, Forsaken, Atari
Antis : Ati, Halo, Jeff Minter.
Final Fantasy X
Square Enix, 2001
Final, please Dans le futur, un chroniqueur inspiré reviendra peut-être sur Final Fantasy X, et pourra alors écrire que c’est sans doute ce jour-là, quand FFX est sorti, que le jeu vidéo a commencé à mourir, lentement mais inéluctablement. Depuis un huitième épisode gerbant et un neuvième sans inspiration, Squaresoft fonce, tente le tout pour le tout, le passage en force. Traînant comme d’innombrables casseroles les multiples défauts récurrents de la série (combats incessants, linéarité de la progression, personnages archétypaux insupportables…) cet opus enfonce les clous partout où ça fait mal, poussant jusqu’à l’absurde des mécaniques de jeu d’un autre âge. En résulte une créature mutante, insondable objet à mi chemin entre le film interactif, le jeu de société et le roman de science-fiction cheapos. Evidemment, la génération PlayStation s’y est totalement retrouvée, acclamant cinématiques de folie et scénario incompréhensible. Une suite directe est même mise en chantier, avec les trois héroïnes transformées pour le coup en Drôles de Spice Dames perdues dans un karaoké géant. Tout un programme.

Il faudrait leur dire qu’à cache-cache, il n’y en a qu’un qui compte.
Amis : Final Fantasy VIII, Tales of Symphonia, Les créatures de l’esprit, la valse autrichienne…
Antis : Final Fantasy VI, Chrono Trigger, Skies of Arcadia, les jeux de rôle papier…
Final Fantasy Crystal Chronicles
Squaresoft, 2004
Non content d’avoir poppisé les Final Fantasy (ben oui, il fallait bien que le passage sur Sony finisse par laisser des traces), Squaresoft revient faire un coucou sur GameCube avec un petit jeu apératif mi-sucré mi-salé uniquement destiné à renflouer les caisses de Nintendo. Sorte de RPG light (vraiment light), Crystal Chronicles est aussi cristallin que ne l’est son intérêt : lenteur des déplacements, combats poussifs, système bien enthousiasmant du calice qu’il faut transporter partout, toutes ses limites étant transcendées par la jouabilité au pad de la GBA (en multi) ! Ben oui, l’intérêt de ce nanar est précisément d’y jouer à quatre, ce qui est difficile à moins d’habiter Neuilly. Si Final Fantasy Crystal Chronicles annonce une nouvelle stratégie forcenée de marketing de la part de l’industrie, souhaitons à tous les joueurs de s’installer dans la banlieue de Nicolas.

Virez-moi ce marketing viral
Amis : Bruno Bonnell, Nicolas Sarkozy, Crystal de New Order
Antis : mon banquier, Final Fantasy VI, Chrono Trigger, Diablo, le pad gamecube.
Forbidden Siren
Sony, 2003
La maudite sirène Non contents d’avoir plongé le survival dans les gouffres du ridicule absolu, des ex de la Silent Team remettaient le couvert pour la plus grande joie des journalistes branchés. Ainsi, après avoir plagié à peu près toute l’œuvre de Stephen King (déjà, quelle riche idée) et de Carpenter dans des scénarios aux raccourcis psycho-symboliques dignes des films d’Alexandre Jardin, les misérables partent dans la voie de l’horreur bridée façon Ring. Toute la panoplie du survival pompeux et bourgeois est là : brouillard volumétrique bien pratique pour cacher la 3D la plus dégueulasse du monde, folklore de pacotille, personnages portant des ballons de baudruche grossièrement coloriés en guise de visage… A la limite, s’ils n’avaient pas oublié d’incorporer tout ça dans un jeu…

Ce qu’on appelle un jeu à chier.
Amis : Silent Hill 2, Silent Hill 4, l’art contemporain, Promenons-nous dans les bois, les remakes coréens de Ring…
Antis : Resident Evil 4, Project Zero, Naomi Watts, Jennifer Connelly, Sarah Michelle Gellar…
Hard Drivin’
Domark, 1989
Le frisson du bitume pixellisé Jamais jeu vidéo n’aura aussi bien porté son nom. En terme de maniabilité, Hard Drivin’ est bien le pire qu’il ait été donné de voir sur un écran. Imaginez une simulation automobile dans laquelle le simple fait de rouler en ligne droite est une gageure. Aussi, pour ce qui est de négocier des virages, n’en parlons même pas. Une fois sorti de piste, comptez bien deux minutes trente pour retrouver la route et parvenir à la rejoindre à grands coups de volant et de dérapages surréalistes. L’énormité du gag ne se dévoile qu’au bout d’un certain temps de jeu, lorsque l’on parvient à traîner son véhicule jusqu’à un looping. Car c’est manifestement d’un jeu de cascades qu’il s’agit. Reste à élucider avec quel type de matériel extraterrestre il a bien pu être testé.

Le vrai Sonic 3D avant l’heure.
Amis : Driv3r, Stuntman, les gros Johnny qui vont en discothèques avec leurs grosses bagnoles de compète de merde…
Antis : Stunt Car Racer, Gran Turismo, la Citroën Saxo Bic de ma petite amie…
Heart of Darkness
Interplay, 1998
Apocalypse maintenant Après le coup d’éclat d’Another World, bricolé pendant deux ans au fond d’un garage pour se retrouver numéro un des ventes au Japon, Eric Chahi a le choix. Il peut tout faire. Il est un héros pour la profession et une idole pour les joueurs. Lorsque sortent les premières images de son nouveau projet, personne n’en croit ses yeux. A l’époque, la moindre image de synthèse suffit à déclencher l’éjaculation précoce chez les nerds. L’enchevêtrement cinématiques/jeu laisse tout le monde la bave aux lèvres. L’histoire de Spielberg intéressé pour en faire un film circule. Heart of Darkness devient le titre qui propulsera forcément le jeu vidéo dans une nouvelle ère et lui fera gagner ses lettres de noblesse dans les musées. Mais qui peut supporter une telle attente ? Surtout après de nombreuses mésaventures de production. Le jeu finit par sortir avec près de cinq ans de retard dans les jambes. Par politesse, la critique fait semblant d’en avoir encore quelque chose à foutre. Mais Heart of Darkness ne trompera personne, accusant du retard sur tous les plans. Cruauté du sort, il termine sa carrière dans des boîtes de céréales. Eric Chahi, dans un ultime éclair de lucidité, s’est depuis retiré des jeux vidéo. On le comprend.

Une leçon de chara-design.
Amis : Rayman 3, Fade to Black, Hybrid Heaven, Malice, Micro Kids…
Antis : Super Mario World, Kya Dark Lineage, les films Pixar…
James Bond JR
THQ, 1992
L’âge d’or de la daube Ah, la grande époque des jeux THQ ! Ce temps béni où la moindre de leur production était attendue au tournant dans les pages du Killer de Consoles+ ! Les rois de l’adaptation de films crétins (Home Alone, Le Cobaye, L’attaque des tomates tueuses…) et de la licence foireuse ! Déjà considérablement moisie, la série animée James Bond JR donne lieu au début des années 90 à un jeu d’action bâtard, croisement entre le pire du jeu de plateforme (des niveaux ridiculement courts où se croisent ennemis en pyjama et aborigènes armés de sarbacanes, on en tremble encore) et Choplifter, le «mythique» simulateur d’hélicoptère. Incroyable que l’éditeur, véritable stakhanoviste du jeu tout pourri, n’ait pas succombé à cette succession de navets. Aujourd’hui, il continue même l’exploitation des bas instincts du public, entre catch et Britney Spears. Vaut mieux jouer à ça que d’être manchot.
Amis : MTV, Ed Wood, mon père programmant des jeux sur MO5…
Antis : Les études supérieures, les prix Nobel, les réceptions de l’ambassadeur…

Un jeu d'une finesse so british
Manhunt
Take 2 interactive, 2004
La télé réalité, c’est pas bien Tout le monde le sait, Rockstar Games est plus révolutionnaire que la moitié de la terre. L’écurie écossaise rendue célèbre par la plus belle fabrication commerciale de ce début de millénaire (GTA 3) dénonce absolument tout : l’Amérique des années 80, la consommation, les talk shows débiles, les multinationales et maintenant la télé réalité et le lavage de cerveaux (sic). A l’heure où tout le monde déblatère sur la violence physique qui transpirerait dans les productions vidéoludiques, ces marketeux bien élevés osent réaliser un snuff movie interactif des plus sauvages : l’aliéné mental que vous incarnez doit errer au milieu des gangs étranglant, égorgeant ou étouffant au sac plastique le moindre venu. Venant de Rockstar, nid de jeunes cadres dynamiques et proprets, c’est sûr qu’on a bien du mal à y croire avant de saisir avec une certaine gravité toute l’étendue graveleuse, stérile et irresponsable de cette sommité qui ne dépareillerait pas face à un Clay ou un Haneke cocaïné. Car si on rêve tous de puissance, d’argent à gogo et d’ascension sociale, on est bien peu à fantasmer sur l’idée de torturer son prochain. Les joueurs qui sont à peu près tous équilibrés ne s’y sont pas trompés : Manhunt a fait un bide. La preuve aussi que l’irrévérence n’est certainement pas du côté de ceux qui l’emballent dans des boitiers cellophanés. Maintenant que la firme a tout dit, on l’invite sincèrement à se dénoncer elle-même.

"Vous avez dit tête de veau ? Oui, bien saignante s'il vous plaît. "
Amis : Postal, Slaughter, Kingpin, Etienne Mougeotte, la presse branchouille, Francis Heaulme, Cannibal Holocaust
Antis : Christine Boutin, The Longuest Journey, Ico, Peace on Earth de Fountains of Wayne, Naomi Klein, Laurent Fabius.
Medal of Honor, Call of Duty et Brother in Arms
Electronic Arts 2000, Activision, 2003 et Ubisoft 2004
La guerre mainstream Au début, c’est tout beau. On avance tranquillement dans un rail shooting next gen scripté au millimètre près, avec ses flots d’ennemis qui débarquent au point A, ses obus de tanks qui arrachent tout au point B puis ses éruptions pyrotechniques qui surgissent partout précisément au moment où on ne les attend pas. Et inconditionnellement la victoire avec ses moments de bravoure, de libération qui méritent de hisser bien haut les drapeaux des Etats-Nations victorieux. Ainsi donc, la guerre mainstream lisse, propre, réglée dans les moindres détails ça existerait ? La guerre ne peut pas être mainstream car la guerre, c’est par définition l’excès. Le sang, la merde (les gens ont tellement peur qu’ils se chient dessus), les tripes, la boue. C’est aussi les bavures, les exécutions sommaires, les liquidations de civils. C’est enfin la déroute, l’attente, l’effroi, le doute et la perte de contrôle de soi (des sensations pour certaines fidèlement reproduites dans le très bon Operation Flashpoint). Les développeurs ont beau nous asséner leurs slogans top chocs (genre "notre jeu est vraiment différent des autres, c’est la guerre, la vraie" ou "on veut faire honneur aux commémorations du jour J"), ils nous bâtissent au final les Disneyland de la seconde guerre mondiale avec leurs décors en carton-pâte, leurs figurants figés et inexpressifs, pitres d’une morale à deux balles. On attend enfin des développeurs qu’ils cassent le décor, démasquent les figurants et ouvrent avec décence les coulisses de l’horreur. Medal of Honor, ce n’est pas Halo ni Killzone. Parler de la seconde guerre mondiale (et de tout autre conflit encore gravé dans la chair) implique un devoir de respect minimal envers l’Histoire et ses morts.

Allez, maintenant, fais péter le budget.
Amis : Le Jour le plus long, Shellshock, Disneyland, Le Puy du Fou.
Antis : Opération Flashpoint, La ligne rouge, Le mémorial du débarquement (Caen), Henry Rousso, Les Sentiers de la gloire de Kubrick, The Operational Art of War vol.1, Il faut sauver le soldat Ryan, Sid Meier’s Gettysburg.
Microcosm
Psygnosis, 1993
Le voyage pathétique Faut-il en remettre une couche sur la génération de jeux occidentaux la plus honteuse de l’histoire ? Microcosm vous propulse dans les veines d’un être humain, où vous devrez combattre, sur des rails et comme dans les plus vulgaires shoot’em up, des… choses plus ou moins nuisibles, que des cinématiques Z et fauchées tentent plus ou moins de justifier. A l’époque, il s’en est trouvé pour croire que c’était ça, l’avenir du jeu vidéo. Chacun y allait de sa machine révolutionnaire, 3DO, Jaguar, CDI, CD32, manettes en forme de télécommande en sus. Question : où en sont aujourd’hui tous ces brillants acteurs du jeu vidéo ?

Oh, la belle frappe chirurgicale.
Amis : les jeux sur CDI, Alien VS Predator…
Antis : Blade Runner, In the 1st Degree, The Beast Within, L’aventure intérieure de Joe Dante…
Mortal Kombat 2
Acclaim, 1995
De la mort. Le succès des Mortal Kombat repose certainement moins sur leur gameplay (coups peu variés, combattants «sprités» raides comme des balais, animation minimale... malgré des sonorités péchues) que sur leur esthétique racoleuse qui terrorisa la ménagère : giclées de sang, décapitations, hurlements, fatality. De quoi faire peur à maman et fondre de rire les copains, ce qui n’est déjà pas si mal.
Amis : Pit-of-Fighter, Way of the warrior, Resident Evil, les zigomatiques, massacre à la tronçonneuse, la filière viande bovine, les magasins d’outillage de jardin.
Antis : ma mère, Nintendo, Time Warriors, Virtua Fighter, King of Fighters, Brutal Paws of Fury, le Sénat américain, Street Fighter 2, la trilogie bourgeoise : tranquillité, salubrité, sécurité.

Et maintenant... dîner.
Myst
Ubisoft, 1994
Mystification Les frères Robyn et Rand Miller sont heureux. Ils sont encensés partout depuis qu’ils ont inventé le premier jeu non interactif. Puzzles mal intégrés au décor, énigmes alambiquées ou parfaitement illogiques, incrustations vidéo du plus mauvais goût, enfilade de logorrhées navrantes, la recette idéale pour lancer le point’n click sur les rails de l’indigence, lequel n’a malheureusement jamais réussi à s’en remettre. Bien sûr, son atmosphère smooth terriblement new age n’a pas manqué de toucher sa cible favorite : les américains middle class pour lesquels cet éden post-industriel stable et douillet a constitué un échappatoire idéal au sentiment d’insécurité économique qui minait leur quotidien. Une éloge du statisme derrière un rideau de fumée qui a pourtant fait carton plein. Lénifiant.

Calme, luxe et volupté.... euh... le calme surtout.
Amis : The 7th Guest, Deep Forest, Schizm, Night Trap, Atlantis, TimeLapse, le Rubik’s cube, les somnifères, Brian Eno.
Antis : Pyst, Bad day on The Midway, Nine, Monkey Island 3, Doom, The Last Express, le doliprane, les profs de physique.
Pikmin
Nintendo, 2001
Pique ta mère Après la caverne de Miyamoto et la chenille pré-Pokemon, le jardin de Shigeru ! Ainsi donc, le génie de Nintendo jardine tranquillement dans sa maison de milliardaire et se dit tiens, si on regardait un peu plus près, ça ferait sûrement un jeu formidable. Disons, autant qu’un jeu avec des voitures vivantes ou un simulateur de chiens. Vendu ! Malheureusement, ses Pikmins sont aussi débiles, énervants et impersonnels que les Lemmings dont le jeu n’est qu’une faible variation.

Vite, barrons-nous jouer à autre chose !
Amis : Lemmings 3D, Worms 3D, les porte-clefs Pokémon…
Antis : Lost Vikings, Krusty’s Fun House, une visite au musée d’histoire naturelle…
Pit fighter
Midway, 1992
Piteux fighter IL a sévi sur Megadrive, GameBoy, SNES, micros, arcade, Atari 7800... Pit Fighter est un jeu de baston franchement naze avec une animation catastrophique (les mouvements ne sont pas lisibles), ridiculement lent et particulièrement hideux (les sprites digitalisés). S’étendre davantage serait gaspiller des octets.

Fais gaffe mec, tu vas tâcher la nappe.
Amis : Mortal Kombat, le néant.
Antis : tout le reste
Prince of Persia Sands of Time
Ubisoft, 2003
La tête de Turc idéale Dans un exotisme de mille et une nuits toc, le prince de Perse doit se frayer, pardon, suivre un chemin cousu de fil de soie blanc à travers un palais à l’architecture totalement surréaliste, comme seul les jeunes diplômés en marketing peuvent en concevoir. La 3D, bien propre derrière les oreilles, masque tant bien que mal un jeu conçu comme il y a vingt ans. Trop fier de l’oiseau national pourtant développé au Canada par un Anglais, les joueurs français n’ont pas cru bon de s’émouvoir d’un scénario qui oblige à tuer son père et à supporter une énième garce stéréotypée, fourbe et aguichante. Pour la suite, Ubi optera pour une esthétique virile en raison des retours de joueurs américains. Ceux-ci trouvaient le personnage trop homo. Des auteurs, on vous dit.

Et on claque des talons, en rythme !
Amis : Prince of Persia Warrior Within, Prince of Persia 3D, les discours de De Villiers sur la Turquie dans l’Europe, Les Mille et une nuits avec Thierry Lhermitte…
Antis : Ico, SOS The Final Escape, un bon McDo à trois heures du mat’…
Le Seigneur des Anneaux Le Tiers Age
Electronic Arts, 2004
Electronic Fantasy Encore un concept au potentiel fabuleux plombé par les ambitions artistiques d’EA Games, qui valent bien celles de Luc Besson lorsqu’il écrit le scénario de Taxi 3. Parcourir les Terres du Milieu empruntées aux films de Peter Jackson en suivant la destinée de personnages secondaires dans un jeu de rôle, les joueurs en rêveraient dans un monde juste et merveilleux. Sauf qu’en l’occurrence, ce Tiers Age ne retrouve pas le souffle épique des films et n’apporte pour ainsi dire rien de nouveau. On échappe de plus rarement à l’impression d’arpenter des couloirs et d’assister à l’aventure mollassonne de clones faiblards de la communauté de l’anneau. EA Games pensait que Tolkien + Final Fantasy donnerait un grand jeu. Mais un seul Final Fantasy, comme chacun sait, suffit amplement.

« L’aube est bleue ce matin, il a dû pleuvoir cette nuit »
Amis : La communauté de l’anneau, Bilbo le Hobbit, les films de Ron Howard, Orlando Bloom dans Troie…
Antis : Les Deux Tours, Michel Ancel…
Les Sims
Maxis, 2000
Big Brother joue à GTA L’horreur absolue concentrée dans un seul jeu. Passer l’aspirateur, faire la vaisselle, aller aux toilettes, se faire chier chez soi, chez ses voisins ou au travail. Des fois que cela ne vous suffise pas dans la vraie vie, Will Wright vous offre l’exceptionnelle possibilité de le faire en plus dans un jeu vidéo. Après tout, à quoi bon s’embarrasser d’une ville, d’une ferme ou d’une fourmilière quand on peut se contenter d’une simulation de beauferie américaine ou d’ennui quotidien. Il n’en fallait évidemment pas plus pour que Les Sims devienne le jeu favori des psychologues médiatiques, écrivains et autres journalistes paresseux, voire des membres de Familles de France. Même les filles y jouent ! Du grain à moudre pour les misogynes qui s’amuseront du caractère extrêmement, hum, émancipateur du programme. Les jeux vidéo se sont donc trouvé une bonne conscience. Dommage que ce soit avec un jeu pour les gens qui n’aiment pas les jeux vidéo.
Amis : Les Sims 2, Singles, Tamagotchi, Caméra Café le jeu, Marc Valleur, la presse féminine, les artistes multimédia, Loft Story…
Antis : Sim City, Theme Park, les volants avec retour de force, les figurines GI Joe…

Kicékapété ?
Splinter Cell
Ubisoft, 2003
Fâcheux Tellement facile à traîner dans la boue qu’on aurait pu s’abstenir. D’une conception paraît-il brillante, tout en blocs préfabriqués pour permettre à Sam SuperFashor d’exécuter son grand écart mural en toute circonstance, Splinter Cell est le cauchemar des joueurs lassés du Die & Retry et du déroulement scripté à tout va. Sur ce dernier point, même Medal of Honor doit s’avouer vaincu. C’est qu’ici, on ne plaisante pas avec les théories du complot, les détails de l’histoire et la nébuleuse terroriste rampante que représente tout pays n’appartenant pas à la bannière étoilée. On aimerait croire que tout ça n’est qu’une mauvaise blague de geek, une parodie des romans de Tom Clancy ou un sketch des Guignols de l’info. Même pas. Et le plus inquiétant, c’est que tout le monde aime ces jeux. Jacques Chirac s’y est même essayé lors d’un voyage en Chine. Plus parlant comme victoire du soft power de Bush et Cie, on ne voit pas.

Splinter Cell, pour nous, les hommes.
Amis : Pandora Tomorrow, Ghost Recon, Paul Wolfowitz, Condoleeza Rice, la campagne électorale de Schwarzenegger, l’affiche de Full Contact avec Jean-Claude Van Damme…
Antis : Sons of Liberty, South Park le film, Michael Moore, l’ONU…
Start-Up
Monte-Cristo Multimedia, 2001
Le con de Monte-Cristo Il faut bien son lot de simulations tordues pour satisfaire l’intérêt personnel de l’homo economicus. Tenez, en voici une belle : Start-up qui fut un temps destinée à toute la jeunesse cadre, dynamique et souriante de France, biberonnée à l’HEC et à Valeurs Actuelles. Mais même eux n’y ont rien compris. Au début, l’idée parait plutôt marrante : il s’agit de développer sa production de consoles de jeux vidéo, télécommunications portables ou cyber TV en s’occupant tout à la fois du processus créatif, du marketing et de la distribution. Mais l’expérience vire rapidement au cauchemar : après le lancement tonitruant de votre joujou super innovant, les cours baissent rapidement, vos employés commencent à tirer une tronche pas possible, les concurrents férocement gloutons avalent votre part de marché et vous faites faillite. Les développeurs ont tenté de rattraper le coche à coup de patchs et de cheats code mais il était déjà trop tard : Start-up est devenu un jeu culte car lucide et prophétique. Depuis qu’il est sorti, toutes les start-up ont fini par se casser la gueule.

2002, start-up photographiée en pleine période d'activité
Amis : Wall Street Trader, Alain Madelin, Capitalism, Nicolas Gaume, Bruno Bonnell, Challenges
Antis : la créativité, les ex-salariés des start-up aujourd’hui qui pointent à l’ANPE, Arlette Laguiller, l’indice du chômage, la soupe populaire.
Super Smash Bros
Nintendo, 1999
On ne fait pas d’omelette aux champignons sans casser des yeux Les salles de réunion de chez Nintendo doivent abriter de drôles de scènes, parfois. Bon, le prochain Mario, ça en est où ? - Tu veux dire, le prochain Mario Party ? - Non non, un vrai Mario, avec des plates-formes et tout. - Ah… ben je sais pas, il est pas là Shigeru ? - Non, il se promène dans la forêt je crois. - Merde, bon c’est pas grave, on va lui faire faire du golf. - Déjà fait, sur Game Boy. - Bon, un nouveau RPG alors ? - Je sais pas… quel genre on a pas couvert encore ? - Hum, la course auto, le dessin, l’éducatif… tout ça, déjà fait. - Je sais, on a pas encore notre Street Fighter ! - Quoi, tu veux dire Mario se frittant avec Link, Samus et Falcon ? Dément ! Bon, mais en vrai, Super Smash Bros est un vague jeu de joutes multijoueurs d’une confusion rapidement insupportable, qui justifie à lui seul quinze ans de médiocres reportages TV sur l’épilepsie. A quand un Super Mario X où Luigi donnerait la fessée à Peach et où Bowser boufferait Yoshi ?

Chenapan Fighter
Amis : Mario Power Tennis, Mario Golf, Super Mario le film, Mario Party Advance…
Antis : Super Mario Sunshine, Mario Kart, les vrais jeux de baston…
Sword of Mana
Square Enix, 2003
Dans la vallée, ah ah, de Mana, ladilala… A une époque encore pas si lointaine, cela peut paraître fou, Squaresoft faisait de bons jeux. Des jeux où les héros ne se comportaient pas comme les personnages d’un soap mexicain et ne revêtaient pas le look aryen. Des jeux d’une simplicité redoutable qui touchait juste. Des jeux comme Mystic Quest, que tout bon pédant appelle Seiken Densetsu. Mais voilà que tel Lucas retouchant sa Guerre des Etoiles dès que l’occasion se présente dans un souci de cohérence, Square a cru bon de refaire Mystic Quest à la façon de ses suites Secret of Mana. Fans de l’original, jetez-vous par la fenêtre ou abandonnez définitivement les jeux vidéo à la vue de cette merde, qui ferait presque passer Starfox Adventures pour un épisode de Zelda.

Capitaine Caveeeeerne !!!
Amis : Secret of Evermore, Brainsword, Mystic Quest sur Super Nintendo, le film Donjon et Dragon…
Antis : Mystic Quest, Zelda 3…
Taxi 2
UbiSoft, 2000
Le jeu qui s’est oublié C’est bizarre, il y a des jeux dont on est sûr rien qu’à l’évocation du nom qu’il doit s’agir de hits monumentaux. Si les adaptations de bons films font de mauvais jeux, en serait-il par hasard autrement des conversions de mauvais films ? Pas vraiment et Blue Sphere l’a bien compris, la partie était perdue d’avance. Puisqu’on ne dispose que de trois semaines, pourquoi ne pas essayer de monter le pire jeu de tous les temps, histoire d’avoir l’honneur de figurer dans le classement top flops de deux timbrés qui n’ont rien d’autre à faire. Bravo les amis, c’est gagné. Taxi 2, c’est un peu l’hyperbole des jeux de caisse Titus, l’impression de vitesse est présente, ce n’est pas le problème. Seulement, c’est le décor qui bouge, pas le véhicule. Le tout, incontrôlable évidemment. Notamment parce qu’on ne peut pas remuer le décor, ça s’appelle pas Trackmania.

On entre dans la quatrième dimension là...
Amis : les jeux de voiture Titus, Luc Besson
Antis : le gameplay, la sécurité sociale, la sécurité routière, les «sécuritaires» : Nicolas Sarkozy, Julien Dray, Charles Pasqua
Val d’Isère Championship
Loriciel, 1994
Etoileuh des neigeuh… Attention, grosse production française en vue ! Pendant des mois, la presse gauloise multiplie les reportages, entretiens avec l’équipe de Loriciel qui concocte un jeu de glisse prometteur, à base de mode 7 et de licence prestigieuse. Manque de chance, la représentation graphique donne l’impression de pistes aussi plates que celles du premier F-Zero, ce qui est plutôt malvenu dans un jeu où il n’est nullement question de ski de fond. Le design général fait de plus état d’un goût immonde (ces plaques de verglas bleu fluo, mon Dieu) et le mode deux joueurs, bien entendu, brille par son absence.

Avec un peu d’imagination, ça ressemble à du surf sur mer.
Amis : Lillehammer Olympic Games, David et Victoria Beckham à Courchevel, les sorties de ski de fond…
Antis : 1080, SSX, Les Bronzés font du ski…
Versailles : complot à la cour du Roi Soleil
Cryo, 1996
La nouvelle culture prof Jouez à cette production emblématique de la french touch et vous comprendrez rapidement pourquoi aucun développeur de l’hexagone n’ose aujourd’hui s’en réclamer. Décors ridiculement figés (vive l’omni 3D), énigmes plan-plan, petite touche spirituelle, faire-valoir historique cautionné par la Réunion des Musées Nationaux. Bref, un bon prétexte pour pomper des sous à l’Etat tout en redorant l’image d’une industrie prête à sacrifier le sacro-saint plaisir de jeu pour gagner à tout prix ses galons artistiques et culturels (au sens noble du terme). Si c’est ça l’exception culturelle française, je préfère m’exiler au Japon.
Amis : les développeurs français autrefois, Egypte, SPQR, CD-ROM Magazine, Ring, Benoît Sokal, In Memoriam, l’Etat, les profs.
Antis : les développeurs français aujourd’hui, Les Chevaliers de Baphomet, Sanitarium, Leisure Suit Larry.
Zelda Oracles
Nintendo, 2001
Legend of Zelda Turbo Capcom réalisant un épisode de Zelda, et en deux cartouches distinctes s’il vous plaît ! L’association avait de quoi faire rêver et pourtant, qui se souvient encore des cette alliance, si ce n’est au travers d’un Minish Cap tant décrié ? Malgré des idées intéressantes bien que peu originales (les saisons ou le voyage temporel ne sont que des redites mal assumées des deux mondes de Zelda 3), Capcom ne parviendra jamais à doter ses mondes virtuels de ce qui fait un Zelda : une âme. On dirige bien Link, mais à vrai dire tout le monde s’en fout, tant ces jeux auraient pu s’appeler Pokemon, Kirby ou pourquoi pas Megaman. D’autant qu’il vous en coûtera la bagatelle de 90 euros, comme Conker’s bad fur day. Mais n’est pas culte qui veut.

Kabuki Quantum Fighter ?
Amis : Donkey Kong Country, Starfox Assault, The Minish Cap, les boissons light…
Antis : Link’s Awakening, Ocarina of Time, The Wind Waker…